Anne d'Autriche

Anne d'Autriche :

          Arrière-petite-fille de Charles Quint, fille aînée de Philippe III et de Marguerite d’Autriche, Dona Anna Maria Mauricia voit le jour le 22 septembre 1601, à Valladolid, en Espagne. Pouvant prétendre ceindre la couronne espagnole en vertu de la qualité d’aînesse et de la non-application de la loi salique, l’Infante, connue sous le vocable d’Anne d’Autriche, allait connaître un tout autre dessein de l’autre côté des Pyrénées et devenir, en conséquence, l’une des plus grandes reines et régentes du royaume de France de l’époque moderne.
          Son enfance nous est peu ou prou connue contrairement à celui qui allait devenir, au nom de la raison d’Etat, son époux, Louis XIII. Aînée d’une fratrie de huit enfants, Anne éblouit par son charme, sa beauté et ses qualités d’esprit. Son éducation fut confiée à Don Diego de Guzman, mari de sa gouvernante. Sa mère, Marguerite d’Autriche, se réserve le soin d’inculquer à sa fille les principes fondamentaux de la foi chrétienne pour l’élévation de son âme. Ainsi est-elle préparée à son futur emploi qui est celui de devenir la reine d’un grand royaume européen. En effet, dès 1602, la cour d’Espagne projette de marier l’Infante Anne avec le Dauphin de France, Louis, afin de rétablir la paix entre ces deux grandes nations. Les contemporains de ce projet s’accordent à montrer que la Providence désire cette union. Citons quelques signes pouvant faire penser ou plutôt confirmer cette théorie : le même mois et la même année de naissance, les quatorze lettres composant les noms de Louis de Bourbon et d’Anne d’Autriche et leur anagramme (« Ho, bon lien sacré du très bon Dieu »). Le 30 avril 1611, la France et l’Espagne parviennent à signer un accord secret ne prévoyant pas un mariage mais deux, celui de Louis de France avec Anne d’Autriche et celui de Philippe (IV), prince des Asturies, avec Elisabeth de France. La noce de Louis et d’Anne n’est célébrée que quatre ans plus tard, le 25 novembre 1615, en l’église Saint André de Bordeaux. Anne a cessé d’être l’Infante pour devenir la reine de France.
          L’année 1615 marque donc un tournant dans la vie de cette jeune princesse. C’est à partir de cette date que nous avons le plus d’informations et de détails sur sa vie privée et publique ; notamment grâce aux Mémoires pouvant servir à une histoire d’Anne d’Autriche après 1625 jusqu’en 1666 de Françoise Bertaut de Motteville, femme de chambre d’Anne. Cet ouvrage est une source majeure qui permet de mieux appréhender le personnage et d’entrevoir, par la même occasion, la condition d’une reine de France dans son siècle et dans son Etat. Ses années de mariages avec Louis XIII ne furent pas heureuses, à l’instar de tous les mariages ayant pour objet l’accomplissement de la raison d’Etat. Leurs différences de caractères ne sont pas la seule raison : Louis XIII ne montre que peu d’égard et de délicatesse envers elle ; notamment lors de l’annonce du décès de l’un de ses proches. Il est aussi méfiant du fait des relations qu’elle entretient avec l’Espagne et de l’affaire du Duc de Buckingham, affaire qui fut une source d’inspiration pour Alexandre Dumas et ses œuvres. Sous l’impulsion du cardinal de Richelieu, tous les faits et gestes de la reine sont épiés dans le but de la contrôler et, éventuellement, de la discrédité auprès du monarque. Malgré cela et plusieurs fausses couches, elle met au monde, le 5 septembre 1638, Louis-Dieudonné (futur Louis XIV). Deux ans plus tard, le 21 septembre 1640, Anne accouche d’un second fils, Philippe d’Anjou. Ces deux naissances ne changent en rien la teneur des relations entre les époux royaux. Le « calvaire » d’Anne d’Autriche prend fin avec la mort de Richelieu, le 4 décembre 1642, et celle de son mari, le 14 mai 1643. Cette date ouvre l’ère de la régence puisque Louis XIV n’est âgé que de quatre ans et demi au décès de son père.
          L’année 1643 et la régence symbolisent, pour l’ensemble des sujets, un renouveau, un vent d’espoir et de prospérité tant sur le plan intérieur qu’extérieur. De par sa « triste » expérience, caractérisée par les exactions du cardinal-ministre et par la froideur de son époux, Anne d’Autriche paraît être la personne capable de réaliser ce dessein. Cependant et contre toute attente, Anne, avec le nouveau Premier ministre et disciple de Richelieu, Jules Mazarin, continue la politique de feu le cardinal. Cette dernière voit sa popularité décroître. Les évènements qui allaient suivre n’ont fait que conforter cette idée : l’accroissement du poids de l’impôt, les mauvaises récoltes des années 1646-1647 et le mécontentement de la caste nobiliaire face à la recrudescence des offices entraînent une montée des passions qui se solde par l’éclatement, en 1648, d’une grave crise intérieure, la Fronde. Cet épisode, historiographiquement scindé en deux périodes distinctes – Fronde parlementaire et Fronde des princes – débute le 13 mai 1648 par l’arrêt d’union des Parlements en la chambre Saint Louis du Parlement de Paris et se termine par l’entrée du roi à Paris, le 21 octobre 1652, tandis qu’en Province l’épisode se clôt par la paix de Bordeaux, l’année suivante. La narration en détail de cet événement serait trop fastidieuse. Ce qu’il faut en retenir, c’est le renforcement de la monarchie et des ses prérogatives face aux princes et aux parlementaires qui, à partir de 1673, n’ont plus qu’un rôle sporadique voire inexistant dans les rouages institutionnels de ce régime. Malgré les attaques portées contre son intégrité et la guerre contre l’Espagne, Anne d’Autriche, avec l’appui de son cardinal-ministre, a su préserver la couronne de France pour son fils, à présent, majeur. L’agitation terminée, les caisses vides, l’épuisement militaire, on songe, dès lors, à conclure un traité de paix avec le royaume ibérique. Cependant, les négociations traînent en longueur. Il fallut un coup de dupe de Mazarin – faire croire à Philippe IV, roi d’Espagne, que Louis XIV allait se marier avec Marguerite de Savoie –, pour en hâter le déroulement. Ainsi est conclu le traité des Pyrénées, le 7 novembre 1659. Ce traité prévoit, pour les grandes lignes, la fin des hostilités entre les deux royaumes et le mariage entre Louis XIV et l’Infante Marie-Thérèse contre le versement d’une dot de 500 000 écus. Presque un an après ce mariage, s’étant déroulé le 9 juin 1660, Mazarin meurt. Cet évènement marque le point de départ du gouvernement personnel de Louis XIV et la mise à l’écart d’Anne d’Autriche des affaires du royaume. C’est ainsi qu’après avoir supporté les affres de la condition de reine et de régente, Anne d’Autriche s’éteint le 20 janvier 1666. Louis XIV s’exclame ainsi à la mort de sa mère : « La reine-mère n’était pas seulement la plus grande des reines, mais le plus grand des rois ».

Commentaires (1)

1. Patricia 27/12/2011


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